Dans un silence glaçé
il se promène assis.
Le front collé, scotché.
Les sourcils équivoques.
Aux frontières de la nuit
quelque chouette immobile
strie le ciel délavé
d'un cri bleuté, perçant.
Les brins d'herbe se terrent.
Les fruits sont déconfits.
Il dérobe aux étoiles
une poussière d'un morceau de parcelle,
s'en fait un diadème d'éternité
orné de chastes joyaux
dérobés aux étangs du nord.
Et puis, sans crier gare,
se lève pour se coucher
au pied d'un arbre doux.
Le sourire débusqué
jusqu'au milieu des joues,
les papilles imbibées
d'un miel de fusains,
le cou enturbanné
par des milliers de lys.
Une musique, noire, blanche, noire,
s'accroche à ses vertèbres
et l'emplit d'idéaux,
d'éphèbes et d'amazones,
transpercés, ruisselants,
qui le laissent non pas quiet
mais juste à son orée.
Son coeur a changé d'heure.
Son corps est empli d'or.
Il s'endort. Ebloui.